L’Ambassadeur Tang Zhongdong publie un article sur Rim Now
Le 28 août 2026, S.E.M. Tang Zhongdong, Ambassadeur de Chine en Mauritanie, a publié un article intitulé « Les réalisations de la Chine dans la lutte contre la désertification et sa contribution au monde » sur Rim Now. Voici le texte intégral :

La désertification, surnommée le « cancer de la Terre », constitue un défi écologique commun à toute l’humanité. La dégradation des terres entraîne l’érosion des sols, des tempêtes de sable ravageuses et une baisse des rendements agricoles, menaçant la survie et le développement de centaines de millions de personnes. Selon les évaluations du secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, environ 40 % des terres émergées dans le monde sont touchées à des degrés divers par la dégradation des sols, et plus de 3,2 milliards de personnes en subissent directement les effets. La Chine, qui fut autrefois l’un des pays les plus gravement touchés par la désertification – près d’un quart de son territoire en étant affecté – a pourtant engagé depuis plusieurs décennies des efforts soutenus pour inverser cette tendance. En passant progressivement du « recul des terres face aux sables » à « l’avancée du verdoyant sur le désert », elle a ouvert des pistes de réflexion et d’action utiles pour la restauration écologique à l’échelle mondiale.
En 1978, la Chine a lancé le Programme de construction du système de protection forestière des Trois-Nords, une vaste initiative visant à créer des forêts de protection dans les régions du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-Est du pays, particulièrement exposées aux tempêtes de sable et à l’érosion hydrique. Conçu sur une durée de 73 ans, ce programme se déroule en trois phases et huit étapes. Couvrant de vastes étendues du nord du pays, il se distingue par sa durée exceptionnelle et l'ampleur des moyens qu'il mobilise, ce qui en fait une entreprise rare dans l'histoire de la construction écologique mondiale. À fin 2025, le programme a permis de conserver 31,74 millions d'hectares de plantations, de traiter 336 000 kilomètres carrés de terres désertifiées, et d'augmenter le taux de couverture forestière dans la zone concernée de 5,05 % à 13,84 %, créant ainsi une « Grande Muraille verte » qui s’étire le long du Nord de la Chine. Le magazine américain Nature a salué ce programme comme l'une des rares initiatives dont l'efficacité a été démontrée sur le terrain, et comme une source d'enseignements potentiels pour d'autres régions du monde, notamment en Afrique.
À l'échelle nationale, la superficie forestière de la Chine atteint désormais 2 407 300 kilomètres carrés, avec un taux de couverture forestière de 25,09 % et un volume de boisement estimé à 20,988 milliards de mètres cubes. Le pays enregistre depuis quarante ans une croissance continue à la fois de sa superficie et de son volume forestiers, ce qui le place parmi les nations ayant connu l'expansion la plus rapide de leurs espaces verts. Là où s'étendaient d'immenses étendues de sable, la végétation a peu à peu repris ses droits ; là où régnaient les tempêtes de poussière, se dessinent aujourd'hui des paysages ponctués de forêts et d'oasis. Grâce à des décennies d'efforts, 53 % des terres désertifiées susceptibles d'être traitées ont été efficacement restaurées, et la superficie des terres désertifiées a diminué de 4,33 millions d'hectares. Ces résultats ont permis à la Chine d'atteindre l'objectif des Nations Unies de « zéro dégradation nette des terres » avant la plupart des pays, et d'apporter une contribution concrète au débat sur les possibilités de lutte contre la désertification.
Aujourd'hui, l'expérience acquise par la Chine dans ce domaine suscite un intérêt croissant à l'international. Le pays a partagé plus d'une centaine de technologies pratiques avec des nations d'Afrique, d'Asie centrale, du Moyen-Orient et d'ailleurs, et celles-ci ont été mises en œuvre dans une quarantaine de pays. Par ailleurs, la Chine a organisé des sessions de formation sur la lutte contre la désertification à l'intention de plus d'une centaine de pays en développement, contribuant à la formation de plusieurs milliers de techniciens et d'experts locaux. Du « recul des hommes face à l'avancée des sables » à la « progression du vert sur le désert », de l'action nationale au partage international, la Chine illustre par son parcours que la désertification n'est pas une fatalité. Ces acquis, s'ils sont utiles à la Chine elle-même, peuvent également nourrir la réflexion et l'action d'autres pays confrontés à des défis similaires.
La lutte contre la désertification reste toutefois un défi de grande ampleur à l'échelle mondiale. La Chine, attachée à une vision de coopération mutuellement bénéfique, entend poursuivre et approfondir sa collaboration avec la Mauritanie dans le domaine de la protection écologique. Elle est disposée à mettre à profit ses compétences techniques, son expérience de terrain et ses capacités institutionnelles pour apporter un soutien – dans la limite de ses moyens – en matière de partage de technologies, de formation de personnels qualifiés et de réalisation de projets communs. À plus long terme, la Chine souhaite continuer à développer une coopération verte et pragmatique avec les pays africains, y compris la Mauritanie, afin de les aider à améliorer leur environnement, à renforcer leurs filières économiques locales et à accroître le bien-être de leurs populations. Elle demeurera engagée, aux côtés de ses partenaires, dans l'édification d'une communauté de vie harmonieuse entre l'homme et la nature.